Il y a quelques semaines la Ville d’Annecy faisait paraître une enquête concernant les événements sur la commune nouvelle.
Avec cette enquête, que nous jugeons opportune, et avec l’apport de compléments factuels, le mouvement Les Annéciens a cherché à vérifier si les perceptions et les interprétations entendues çà et là, étaient justifiées.
En introduction de cette enquête les élus en charge de celle-ci, stipulent « …nous entendons adapter notre politique événementielle au plus juste, pour qu’elle prenne en compte les attentes de chacun comme les contraintes naturelles, notre cadre de vie et les spécificités de notre territoire. ».
Nous avons donc lu les résultats avec beaucoup d’intérêt.
L’étude (à retrouver ici) a été menée sur la base d’une enquête en ligne auprès de 2934 personnes puis sur des « focus groups » de 5 à 7 personnes. L’enquête stipule que l’échantillon était représentatif de la population et les résultats « redressés ».
Malheureusement, il n’est pas indiqué clairement combien de focus group ont été organisés. Il est précisé un focus group par évènement. Un tableau de résultats laisse apparaitre que 16 événements ont été évalués au cours du processus. On peut supposer qu’il y a donc eu 16 « focus groups ». En conclusion seuls 16 évènements ont été évalués finement sur 484.
Reconnaissons toutefois que l’évaluation de 484 évènements bien qu’elle soit difficile à mener, aurait pu faire l’objet d’une sélection partielle mais représentative des typologies d'événement présents sur le territoire à étudier.
La Ville d’Annecy organise sur l’année plus de 400 évènements selon cette étude. Le fichier des événements, diffusé en ligne par l’office de tourisme en contient 484 exactement pour la ville d’Annecy et 564 en incluant les communes environnantes.
La Ville d’Annecy concentre plus de 70% des événements en regard des communes voisines et 90% des évènements de ces 70% sont concentrés sur la commune déléguée d'Annecy. En l’absence d’une liste précise des événements, fournie par l’étude, notre analyse se base sur le fichier de l’office de tourisme.
On entend souvent sur la ville d’Annecy des critiques et remarques sur :
Ces rumeurs sont-elles de simples perceptions ou des faits ? Avec notre grille de lecture, les résultats de l’enquête et quelques-unes de nos analyses, nous avons cherché à infirmer ou confirmer les perceptions.
L’étude précise que le Pâquier est sollicité 59 jours en 2024, 87 jours en 2023 et 75 jours en 2022 (temps de montage et démontage inclus).
Relativité des chiffres : 365 jours par an mais seulement 52 week-ends !
59 jours (montage et démontage inclus) ne peuvent être étudiés qu’en perspective d’une répartition sur les week-ends des Annéciens. 59 jours, si l'on prend en compte que ces évènements s’étalent généralement tous sur au moins un jour du week-end, signifie que chacun des 52 week-ends dans l’année a son évènement. Ainsi regarder une répartition temporelle d’événements à travers le prisme des week-ends nous offre une meilleure compréhension de la réalité, qui confirme que les perceptions sont plus que fondées.
La commune déléguée d’Annecy (et non la commune nouvelle) draine 66% des événements, alors que les communes déléguées comptent respectivement :
Nous noterons que seuls 4 évènements sur 484 ont lieu simultanément sur plusieurs communes déléguées, mais jamais toutes les 6 ensemble. Comme nous le défendons au fil de nos prises de position, la Ville d'Annecy mérite une meilleure répartition territoriale de ses évènements. Ceci afin de proposer :
Inutile de préciser ici que l’effet de concentration des évènements à Annecy est doublé d’une concentration de ces évènements sur un espace réduit, le centre-ville, la vieille ville et le Pâquier.
Par ailleurs le centre-ville est aussi le lieu de concentration d’une circulation automobile de tourisme et de passage (pour rejoindre les bords du lac, la Savoie, les Bauges, etc.). La problématique de la circulation est donc indissociable de la problématique événementielle et touristique. De futurs articles de notre blog mettront prochainement le focus sur la mobilité.
L’étude présente de nombreux tableaux pertinents, mais l’analyse de la satisfaction des annéciens nous semble trop optimiste. L’étude présente la satisfaction sur les événements sous l’angle des tranches d’âge, et l’angle de l’ancienneté d’habitation sur la commune nouvelle d’Annecy. L’étude présente la satisfaction résumée sur une échelle de 1 à 5, sous forme d’émoticônes, évaluée autour de 3,8/5, ce qui ne reflète pas les chiffres présentés dans le tableau par tranche d'âge. En développant les chiffres il y a quand même 1345 répondants sur 2934 qui ne sont pas satisfaits ou pleinement satisfaits de l’offre événementielle, soit près de 46% des répondants.1 personne sur 2 environ pas vraiment satisfaite cela ne mérite-t-il pas plus d’attention ?
L’étude présente ici, selon nous, son plus grand défaut ou biais d’interprétation, même s’il est remarquable d’avoir différencié les répondants par tranches d’âges et par tranches d’ancienneté de résidence, l’interprétation mériterait une analyse plus subtile.
L’étude fait bien état des satisfactions différenciées et opposées de ces différentes catégories, mais elle les conjugue au final alors qu’il fallait probablement les analyser séparément.
Un jeune ou un habitant de fraîche date dispose de moins de points de comparaison qu’une personne plus âgée et habitant Annecy depuis plusieurs décennies. On peut toujours mettre sur le compte des anciens, l’usage d’un excès de conservatisme, d’une perception d’un « c’était mieux avant », mais leur évaluation porte toutefois en elle, une gradation, une évolution dans la durée qui ne doit pas être confondue avec les évaluations des autres catégories d’âges et d’ancienneté.
Au fond, un jeune et un jeune résident découvrent un environnement sans réel point de référence, « il font avec » en somme, alors qu’un plus ancien (en âge et ancienneté) compare et évalue dans la durée.
En synthèse l’étude « telle quelle » est convenable pour les catégories « jeunes et jeunes résidents » mais devrait-être plus approfondie et différenciée, par l’apport, par exemple, d’une enquête plus « longitudinale » pour les autres catégories d’habitants plus âgés.
L’étude des événements ne se concentre pas sur les contributions touristiques mais elle en relève toutefois la relation en page 15.
Mécaniquement il est assez simple d’imaginer qu’une répartition des événements sur les 6 communes simultanément atténuerait le sentiment de concentration des événements, et par induction, l’affluence touristique sur le centre-ville d’Annecy (avec ses conséquences sur la circulation).
Des centres d’intérêts et évènements, non plus simplement cantonnés au centre-ville et contours immédiats de la commune déléguée d’Annecy, mais étendus à plusieurs centres villes, permettraient de multiplier les centres d’intérêts et pourraient par ailleurs renforcer les revenus touristiques en augmentant la surface touristique et les durées de séjour.
Il est urgent de penser la répartition généralisée des évènements. Les communes déléguées sont toutes équipées d’infrastructures capables de les recevoir. Cette enquête doit constituer une première photographie, certes imparfaite, d’une étude sur le long terme qui devrait permettre à Annecy de rebattre les cartes d’une politique évènementielle impensée depuis la fusion des communes de 2017.
En fin de l’enquête (page 16) sont présentées les dépenses moyennes d’un festivalier du cinéma d’animation, versus un participant à la MaXi-Race. Ainsi un MaXi-Racer dépense environ 3 fois plus en repas journalier (149 euros contre 45,20 euros). Contre toute attente, là où l'on s’attendrait à rencontrer des sportifs de haut niveau, ascètes et frugaux, l’on découvre de fins gourmets ou de gros mangeurs !
Nous pensons qu’il s’agit là de la plus subtile découverte de cette enquête !
NB : Nos sources sont disponibles sur demande.