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03 Oct
03Oct

Laurent Wauquiez annonce au congrès des maires ruraux la sortie de la Région de l’obligation du Zéro Artificialisation Nette (ZAN). En d’autres termes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a la charge de la distribution des hectares “artificialisables” d’ici 2050, annonce refuser d’imposer aux schémas de cohérence territoriale (SCoT) une limite, pourtant prévue par la loi. 

Nous avions rédigé un article pour éclairer sur ce qu’est le ZAN sur notre blog

Au-delà de la question de la légalité d’une telle décision et de la démagogie populiste de l'auteur, celle-ci s’inscrit à rebours du sens de l’histoire. Depuis la loi Climat et Résilience votée en 2021 et instaurant le ZAN d’ici 2050, la prise de conscience quant à l’importance du rôle des écosystèmes naturels et l’impact de l’aménagement sur le réchauffement climatique porte ses premiers effets opérationnels. Les SCoT en cours d’élaboration ou de révision ont largement anticipé cette obligation.

Le dynamisme particulier de notre territoire aurait pu nous faire bénéficier de dérogations, et aurait pu nous pousser à militer pour un quota d’hectares urbanisables plus importants que sur d’autres territoires où la pression est moindre. Pour nous, ce dynamisme économique est le levier dont il faut user pour penser un nouveau modèle d’aménagement : refaire la ville sur la ville, réemployer, pour optimiser, innover, tout en sobriété. Ce nouveau modèle a besoin d’être testé, il faut y aller à marche forcée, sinon nous ne règlerons rien et reporterons à plus tard des décisions qu’il nous faut prendre maintenant pour limiter le réchauffement climatique, dont les études nous disent déjà qu’Annecy sera la ville la plus touchée, passant de 10 à 41 jours de canicule par an

L’intensification des usages des terrains déjà artificialisés, la mutation ou la renaturation des friches industrielles sont des axes de développement plus exigeants en matière d’ingénierie technique et financière. Nous n’avons plus le choix

Pour autant, la densification ne doit pas s’opérer à tout prix, elle doit impliquer : le maintien des îlots de fraîcheur, des exigences architecturales, la préservation du patrimoine, des équipements suffisamment dimensionnés, des transports en commun performants, des infrastructures pour les mobilités douces...

L’optimisation de l’espace doit être vectrice d’innovations pour répondre aux besoins des habitants du territoire. Le ZAN peut jouer le rôle de levier contre la désertification d’autres territoires. En imposant la même règle sur tout le territoire national, le législateur œuvre à un rééquilibrage en cherchant à réinvestir les zones déjà artificialisées mais abandonnées par les politiques publiques d’aménagement du territoire et les services publics, politiques auxquelles l’État a préféré la mise en concurrence des métropoles.

Ainsi, nous soutenons de toutes nos forces les orientations prises par le SCoT du bassin annécien qui visent à respecter à la lettre la règle du zéro artificialisation nette à horizon 2050, tout en redonnant de l’importance à la qualité de vie en zone dense (avec de la nature en ville, des services publics, des équipements et des infrastructures à la hauteur). Des réunions publiques se tiennent en ce moment pour présenter le projet d’aménagement stratégique aux habitants. Nous réclamons aussi de l’État une planification nationale de l’aménagement du territoire pour organiser le pays dans une logique de sobriété.

Le mouvement Les Annéciens

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